vivre sa vie ou passer son temps à l'écrire

En vrai il se passe trop de choses pour tout raconter, et puis pourquoi tout raconter, pour qui, aussi, c'est important.
En vrai là j'ai un vague sentiment de temps volé, peut-être nécessaire à la tension de l'écriture? Comme te chuchoter deux trois trucs entre deux portes, deux trains, deux tours de roue, des trucs que ce serait un peu dommages qu'ils soient perdus, et même peut-être qui peuvent te servir. Comme la recette du poulet au poivron.

Il faut quatre oeufs, trois blancs de poulet crus, des poivrons grillés en conserve sauf si t'en a des frais, mais là je n'ai pas testé.

Couper le poulet en dés, le faire macérer dans du blanc d'oeuf plus de trois heures. Ça aide la viande à rester tendre, c'est un truc donné par le kiné de Mammig, qui ne s'appelle pas Albert, mais François.

Du coup il vous reste quatre jaunes d'oeufs qu'on ne jette pas, même si on est riche.

Pelez quatre poires qui vont se gâter, coupez-les en morceaux, disposez-les avec art dans un plat en pyrex pour un léger hommage à Gainsbourg.

Avec les jaunes des oeufs battez du sucre à votre convenance et du sirop de coquelicot. Si vous n'en avez pas tant pis pour les beaux rêves, mettez du sirop d'érable ou de sureau, suivant saison ou caprice. Battez bien avec du lait, genre un quart de litre.Il n'est pas interdit de rajouter une lichette de rhum

Mettez au four comme un flan. Dégustez tiède avec un thé, dehors de préférence, pour être un peu avec le chien.

Votre poulet entre-temps a bien macéré, égouttez-le un peu , faites-le revenir au wok et à mi-cuisson rajoutez les poivrons (épépinés à cause du transit délicat de votre mère). conservez un peu de liquide, que vous agrémentez d'une bonne pincée de curry et d'une pitchenette de crème liquide avant de servir. Accompagnez d'un rosé de Loire parce qu'il y en a.

J'ai refait le sucré salé aux figues, pour ce soir. Et pendant tout ce temps Joëlle travaille pour moi. Il faut que j' aille à la Madeleine. bisous Y.

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"Déjà lundi?" s'étonna Dieuse

Un air voilé d'infimes particules luminescentes ornait Son Front Ineffable Quelqu'un se lève par là haut, il est un peu temps. Mammig m'a réveillée à cinq heures et quart ce matin, j'ai fini ma nuit en cinq six fois dont une à vélo, je vasouille un chouille, ce n'est pas désagréable. Il me reste une photo à te montrer. Patrick dit qu'on dirait un bonhomme. Eh ben c'est moi qui l'ai fait avec mon oeil. Que te dit le tien? Fais-en ton exercice de divination de la journée, si tu n'as rien d'urgent à faire, si ça t'inspire une prophétie ne te gêne pas non plus pour la dire. Bon, j'ai des photos à faire et un gros feignasse à réveiller. Le chien est là à mi-temps, pour l'instant. Il a même aboyé, hier. Puis il m'a chouré sur ma table un pâté de canard terrine comprise. Comme il n'avait pas faim il a dû aller l'enterrer sous la haie...

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Des photos

bucoliques

Comiques

panoramiques

alphabétiques

lubriques

Avec des bisous du soir. Il sait de quoi il parle, Michel Hindenoch.
Le chien n'est pas revenu. Il n'a pas dû aimer son nom.
BzzzY.

Y.

1

Ça caille ce matin

Je tarde à me mettre au boulot. Ces deux derniers jours j'ai rangé l'atelier, nettoyé le jardin, et commandé de nouvelles fenêtres. Je travaille ce soir avec Michel Hindenoch à Quimper, et demain toute la journée. Nous sommes une douzaine de disciples momentanés. Le thème c'est la musique dans les contes. Je vais raconter " Papi pâte à pain", et peut-être chanter "black java", et je vais revoir des gens sympa. Si j'étais sérieuse je travaillerais un bout de "Ananta part en voyage" et je ferais des factures. Et si j'étais sérieuse, au fond tout au fond?

J'ai un marché, dimanche, à Treffiagat, j'emmène Ananta, tralala, et mes livres à vendre. Chez Mammig je tricote un étui pour mon appareil photo, en attendant je vais t'en chercher, tiens. En attendant, un peu de blanc pour meubler tes envies.






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le chien

Il nous a été présenté en bas de la grève par une petite fille désireuse de déléguer une mission qu'elle ne pouvait remplir: Sauver ce chien errant. Elle lui avait trouvé une laisse et l'avait promené un moment. Si bien qu'elle en avait deux, de laisses: Celle du clébar et celle de sa chienne à elle. Tout ça sans rien dire à ses parents, la pauvrette, mais bien sûre de son bon droit à mettre les adultes à contribution. Malgracieuse j'ai grogné que je verrais ce que je peux faire. Il est remonté avec nous, a dévoré un vieux saucisson pêché dans le frigo, et s'est barré à travers la haie, vexé, quand Patrick a essayé de le prendre en photo avec une chapatte dans la gueule.
Une quasi-promesse faite à une enfant, c'est à prendre au sérieux, j'ai pris le vélo, je l'ai coursé (il n'allait pas très vite, il flageole de l'arrière-train), demandé ici ou là qui le connaissait. Il avait l'air d'avoir ses habitudes dans le quartier. Je l'ai laissé aller.

Le lendemain je le retrouve tout seul à la grève, je l'invite à manger une saucisse à la maison, il entre, renifle partout, s'assoit un peu; on ne peut lui donner d'âge. Ses dents sont saines, son poil fourni, il n'est pas maigre. On reste converser un peu et chacun s'en va de son côté, moi chez Mammig et lui lui seul sait où.

Hier on s'est retrouvés, j'avais du gigot périmé pour lui, je lui ai dégagé la niche à Robert, et quand je suis partie il m'a suivie. il n'a pas compris l'interdiction de rentrer chez Mammig, il a fait deux tentatives, houspillé par Joëlle,, je lui ai montré le tas de tonte de pelouse au pied du pommier, pour faire sa crotte. Il a gémi un chouille devant le vélo et puis il s'est rebarré.

Aujourd'hui je vais aller chercher des déchets pour lui à la boucherie, s'il revient.

je l'ai appelé Ursaf, parce qu'il ne lâche pas son os quand il le tient, il fouille dans tes poubelles sans tenir compte de ton avis, il te colle aux basques si tu lui donnes du gigot, et il paraît que les chiens sont plus sensibles aux sons sifflants dans leur nom. En tous cas ça lui fait dresser l'oreille.

Il a une bonne gueule et te lèche la main quand tu le caresses.

Il n'a pas voulu de la niche quatre étoiles avec couette. C'est lui qui voit.

J'ai profité que ma mère était à l'hosto pour aller tirer plein de sous sur son compte, et je me suis acheté un nouvel appareil photo. Je vais pouvoir remettre un peu d'image pour vos p'tites mirettes, les gars.
Quand j'aurai récupéré la boîte avec le cordon, qui sont dans mon sac, qui est chez Mammig, qui reprend du poil de la bête.Elle prépare un numéro de déambulateur canon.
Bijoux, à pluche, j'ai des docs à envoyer

Propos sur l'art (donc sur le mien)

Je ne sais pas pourquoi je pense aux entêtés, oui, aux pugnaces, aux rebelles à l'enseignement.

Ils font de bons maîtres, parfois.

Je pratique mon art comme une religion sans pompe ni chapeau ni dogme dingue à respecter. Mes rites me sont personnels, et s'ils semblent fonctionner, c'est que j'entends au travers d'eux des voies de moindre souffrance.

De là à me faire canoniser, ya qu'un pas, ordonques je me canonise, je me ceins je m'oins, et tiens tant qu'à faire, je m'intronise Dieu. Hop là, les pleins pouvoirs, l'immunité, la gloire, l'éternité!Loué sois-je!

Donc, dimanche, jour de prière. On va pas tout bouleverser non plus. Je fabrique une girouette sans outil, avec des brelles ramassées sur la plage. Et elle fonctionne. Elle fait même de la musique. Un peu.

Après ça je passe des plombes à chercher mon sac, à pied à vélo en voiture entre chez Mammig, ici, la boulangerie, le carrefour contact, je panique, certaine qu'on me l'a pris, comme dimanche dernier, je torche une bafouille vengeresse que je distribue dans les troquets du port, au retour chez Mammig La viande de midi s'était lassée de mijoter sur la plaque électrique, elle était carrément carbonisée, la maison était pleine de fumée blanche et la petite voix de Mammig , de son lit:

"Je crois que ta viande a pris au fond"

Juste avant j'avais pensé:

Si tu es Dieu et que tu crois en toi, provoque donc un petit miracle, de temps en temps.

Avant de me décider à appeler les gendarmes, je le retrouve devant ma porte, mon putain de sac, avec un petit mot et une adresse. Les voisins l'ont trouvé sur la plage, abandonné.

Au temps pour la parano. au temps pour les miracles.

Je ne pécherai plus, promis.

Mon art comme une religion: ça veut dire qu'il prend une place laissée vacante et en jachère et n'est pas à vendre, même sous forme de concept. Il est fait pour m'attirer de bonnes grâces terrestres pour l'instant. C'est une éthique et une hygiène de ma pensée volage.



J'ai remis ma bure tranquille, j'ai fait un oeil à un rocher, j'ai le jumpy à décharger.

Bises, merci Étienne, et Marco, bonne chance à vos patates. Je vous lance un bouquet de corniche: fenouil frais, algues décomposées, vent d'est agile et frisquet, mer basse un rien voilée, touristes en cirés, pas pressés, j'ai semé des capucines, ce matin. BzzY

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Sans commentaire, c'est pas plus mal, mais si je pose des questions on a le droit de répondre. On fait comme ça?

Il faut que je te raconte. La vie est magique, est-ce le retour du printemps? De petits miracles éclosent qui n'effacent certes pas les gros nuages, ils les repoussent tout au plus, et c'est assez pour des moments presque sacrés, si si si le mot est lâché.
Talou m'a appelé grande prêtresse, dans un de ses papiers. Juis ai dit de faire gaffe quand même à ne pas dévoiler au grand public ma vraie mission, qui doit rester secrète.
Avec Chantal, Anne, Luc, Pascal, Liliane, Léo, et vingt autres belles gens, on a fait la fête au printemps et choisi Véro comme reine. on en a profité pour lui offrir son vélo. Elle ne s'y attendait pas, comme quoi ya pas qu'à la télé qu'on fait des trucs comme ça. J'étais chargée du texte d'introduction J'avais préparé un chausson au blé noir salé-sucré( chutney de figues, chèvre et noix) et deux salades au chou cuit: une végétarienne et une aux lardons, avec du quinoa et des tomates séchées à l'huile. Aussi une boisson au gingembre et sirop d'érable. J'avais tout mis dans un grand sac, avec les bouteilles de vin, le sceptre du roi du printemps (un parapluie orné de grelots , le pommeau c'est une tête de Bécassine), le cadeau de Chris (une mosaïque coeur avec des petits cailloux ramassés en Sicile) et puis un vase très flashant que j'avais trouvé à côté de la benne: quatre demi-bouteilles en verre collées ensemble et recouvertes d'une sorte d'émaillage rouge brillant.

Eh ben il a disparu, le sac, envolé, entre la maison et le fourgon, Patrick a cherché partout, il est même revenu de Plonéour exprès, rien. J'ai eu du mal à y croire. J'aurais bien aimé goûter le salé sucré, tant pis, je le referai.

Ce matin, on a trouvé une souche flottée énorme, magnifique, parfaite, on l'a remonté en brouette. Je n'ai pas envie de le prendre encore en photo, mais tu le verras, un vrai trésor! De là à penser que c'est un troc contre le sac d'hier, il n'y a qu'un tout petit interstice où ma pensée magique s'engouffre à l'aise.

Bon, c'est pas tout, on a à faire, à bientôt ici ou là.

Bise à toi, fais-la tourner
Mémé.

Ah, savoir ne pas dessiner comme Georges Bess

C'est du beau travail, les chroniques aléatoires, je me suis vue dedans.

C'est du bon miel de temps, léger, profond, j'aime.

Quant à Marcel Béalu, c'est un pur délice, à consommer longtemps, lentement, à se relire en boucle. C'est parfois cruel, parfois loufoque, toujours frais et écrit au plus juste. C'est un univers, une voix qui peuple mon chevet.
Envie d'en raconter quelques uns, envie d'en parler à des qui disent, dessinent, qu'ils s'en nourrissent aussi, je me tape sur l'épaule d'avoir trouvé ce livre aux Ursulines.

J'ai un plat à faire, c'est pour demain, pour les copains, sucré-salé ou salé-sucré. Je vois bien des figues, avec du bleu et des noix, le problème c'est que j'ai fait cuire du chou et je ne suis pas sûre que ça aille avec. Salade ou quiche? ou les deux.
Ça souffle encore pas mal, la mer est belle à faire peur , même quand le jour est noir, comme ce soir.
Je te montrerai des photos de mes giroflées, quand elles seront en fleurs. Les boutons sont jaunes, mais je pense que les fleurs seront violettes, comme d'habitude. Elles se sont plu chez moi, elles sont les bienvenues. J'aurai aussi plein de coquelicots, de mauves, de fenouil, même une timide rose trémière, aux feuilles un peu ratées. Elle fait ce qu'elle peut, la pauvrette.

Il est temps de dire au revoir
Chacun repart
de son côté du miroir
Bye bye, ô toi qui existes
Y.

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Pouf! (Ici Mémé s'avachit)

Ah ça fait du bien, de sentir ses limites bien nettes. Ça boursoufle un peu le fauteuil, on s'met à l'aise.
C'est hypergrande marée haute, les vagues cognent tout près, sous le grain ça fouette les vitres à l'ouest, ya des filets d'air partout.

Je ne sais pas si j'ai faim, je n'ai même pas envie de fumer tellement que c'est pas bon, mais où qu'ils sont les chocobons?
Tous finis.
Eheu! eheu,
un avion passe en rase-houle, ça tonne, ça vrombit, je trouve ce bruit plus menaçant que le fracas des lames sur les rochers.
Merlin m'a montré des trucs, aujourd'hui. J'ai décidé de mettre les liens à jour. Pierre blanche, s'il vous plaît.
Soir de veille
Entre deux combats, je choisis le plus proche.
Le chien d'`Arlette aboie.
Passionnant, hein?
MFCSMB (m'en fous chuis sur mon blog)
Et je pleure un ami. Donc pas trop grand chose à dire de rigolo.
Marie a dit aujourd'hui : "Une maison sans petit-beurres, c'est rare par ici"
Ça me rappelle une histoire de Nasreddin, tiens je pourrais l'enregistrer pour les amis d' apple paille. Allez, je me relève, je m'en va boire mon thé, et puis dodo avec les cinq pavés que j'ai pris aujourd'hui à la bibliothèque. Que des titres comme ça:
"Contes du demi-sommeil" de Marcel Béalu
"La petite fille silencieuse" de Peter Hoeg
"Encyclopédie capricieuse du tout et du rien" Charles Dantzig
"Chroniques aléatoires" de Georges Bess "Oubapo", un collectif de l'association
(ça pourrait intéresser VincenT.)
à la remailure, camarade, le printemps est encore un bébé, mais il en a dans les bronches.

Outch! C'est pas que du bonheur

figure-toi que ma sécu vient de retirer ma couverture, abruptement, un coup à tomber malade sur-le-champ.

Ce fut mon premier réflexe.

Le deuxième, tout de suite après:JE VAIS AVOIR PLEIN DE SOUS À PAYER! EHEU! EHEU!

Malade et pauvre je fus donc pendant une très longue demi-heure, parce que dans ces cas-là je suis aussi vieille, moche, nulle, et tutti quanti.

Ça ne peut être que de ma faute, tu comprends?

Si je suis victime, ce n'est que de ma négligence persistante et signante à ouvrir mes courriers à sigles sous fallacieux prétexte de poésie urgente ou de mer à regarder.
Il m'avait bien cernée, finalement, le curé, au cathé. en lisant les noms le premier jour: Il me regarde en rigolant, répétant "méhat coulpa" je vois encore sa bedaine qui tressaute. Je n'ai pas compris où était la plaisanterie à l'époque . Il y en a eu d'autres depuis, des "Méhat l'or", des "Méhat rit" "des méhat rête", des Méhot, des My hat, des Ménates, je ne sais pas où je voulais en venir.
Si, méa coulpa, méa maxima culpa, c'est ma très grande faute, comme quoi on n'a pas le nom qu'on a par hasard, même si on met 50 ans à savoir pourquoi.
Tout cela fit que j'arrivai assez paniquée par moi-même dans la chambre de Mammig, qui n'a plus qu'une seule perfusion et recommence à s'alimenter. Eh ben ça m'a apaisée, tu vois?

C'est juste quelques rendez-vous à prendre, quelques chiffres à changer, c'est quelque chose qui ne sera plus comme avant, il n'y a pas de quoi paniquer, ouffle, je souffle. Merci de finir d'absorber mes bobos, toi qui lis, j'espère que tu pleures à chaudes larmes sur mes malheurs, et que t'iras pas chipoter parce qu'il n'y a pas d'image.

Bises

Y.

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Je dis ce que je veux chuis sur mon blog

Ivre de ma puissance je clame:

Quel sera mon prochain méandre? Une chose est sûre: tout au bout c'est la mer en ce qui me concerne. Tout autour c'est l'amour.

Bises rosses et pas d'image Y.

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Ben on est un paquet d'humains, dis-donc

On vagabonde un peu par ici? C'est calme.

Ya juste la cocotte-minute qui chuchote "Côtes de porc au gingembre ce soir", et une voiture, de temps en temps. C'est rameaux gris, aujourd'hui, tout est voilé d'une fine mélancolie lente comme un goutte à goutte, Mammig lutte et je suis non loin d'elle, elle est bien entourée.
Donc pas gai gai, tout ça, excuse-moi si je te plombe. En tous cas
Si tu ne connais pas ubuweb, va faire un tour, c'est scotchant,


Une maison d'édition se déclare non séduite pas mon Irène, ça arrive,
Et je n'ai plus l'outrecuidance de la jeunesse, ni l'ambition, je m'allège, on dirait. Merci, c'est grâce à toi.

On dirait qu'on serait dans un grenier
Et qu'il y aurait plein de malles mal rangées pleines de papiers poussiéreux
et qu'on aurait tout le temps du monde pour trier ça.
On dirait qu'on s'évaderait dans l'enfance Et qu'on aimerait ça un p'tit chouille au delà du raisonnable.
En visite au salon du Lièvre j'ai rencontré Maurice Lemaître.

Je vous fais des bisous Y.


1

L'heure de Mahaut

Bonjour chez nous, Camarade Je viens vers toi coursée par un ménage urgent

Te parler de la mer.

Elle est haute, vert jade et lie de vin avec des lignes fines, un horizon tout hachuré de rochers mauves saturés d'écume, elle reflète un ciel ventru, entre fer blanc et fumée. En bas de Kervily les dos noirs de mon troupeau de crocolithes. Ils ne sont guère difficiles à garder.
Ça vente exprès pour m'inspirer une chanson. Ça m'aidera à faire mon ménage, tiens.
Allez, j'y retourne.
Mahaut Tseu Tseu a médité sur l'évolution des espèces, et toi va donc te faire piéger là:

[|http://www.ubu.com/sound/ pour les archives sonores

et http://www.ubu.com/film/ pour les films c'est délicieux. Ça vaut le coup de recopier si le lien n'est pas actif. Ç'a t'a plu, le terrier? BzzzY

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P'tit bisou vite fait

Chuis pas loin, quand Mammig ira mieux je reconnecte.
Les écrits noirs m'accaparent.

Un petit alexandrin?

Que le printemps nous trille où ça nous fait du bien

à bientôt Y.

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Univers à l'étroit dans sa boîte crânienne

Cherche bon de sortie dans d'autres quotidiens

En trouve, et c'est heureux.

Va voir le terrier, si tu ne connais pas, ça vaut le coup, et je baise mes mots.

Je m'éclipse pour cause de lit bien doux qui m'attend, bonne exploration.

BzzzY

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Ma pluie et mon beau temps, nouveau chapitre: "Pour en finir avec le blues du dimanche soir"

Ne travaille pas le lundi. (Je crois qu'Alphonse Allais l'a mieux dit, voici un siècle et des poussières, ou alors c'est Pierre Dac, je ne sais plus.)

Je tendrais pour ma poire à croire qu'un tout petit blues bénin, prévisible, ça ne porte pas à conséquence sur une bonne humeur globale, le beau permanent ça peut devenir lassant.



J'ai passé une partie de ma journée le nez dans mes papiers-pas-touche, tu sais, ceux qui ont des sigles en en-têtes. Je cherchais le contrôle technique de la golf, vendue à des amis, du coup j'ai organisé mes tas. Je ne sais quelle angoisse je crains, quand je fais ça. En tous cas, quand c'est fini, on se sent récompensé. Sauf que je l'ai pas trouvé, ce papelard de bouse de zébu. T'y crois, toi?
L'ordre reste encore chez moi du domaine du rêve, une passion passive, un nirvana où tout se range sans les mains.
Et je ne te parle pas de l'atelier, vaste placard aux vitres grêlées d'anciens grains,
où traînent et s'entassent en méchante intelligence tissus, cartons, outils, livres, cailloux, poussières...
Bon, mon désordre me rend lyrique, c'est d'une perversité!

Demain je commence un nouvel atelier avec des CM2, "écrits noirs". Une aventure! C'est pourquoi ce soir je n'ai pas le blues, j'ai carrément le trac. Mais faut pas le dire. Enfin, si, c'est normal.

Bon, faut que j'aille fermer les volets chez Mammg, et il fait déjà presque loup, tout à l'heure je mettrai peut-être une photo de l'abbaye du Relecq, où nous priâmes pour un jumpy
tschüss Y. ce sera la prochaine fois, la photo, ya Simon qui vient d'arriver, affamé comme tous les fils. bzzzz

petits foutoirs (extraits)






En les scannant je me suis rendu compte qu'il m'en manquait pas mal. quelques suées après je me suis souvenue qu'ils sont à la médiathèque de Pont-Croix. Ouf (Merci Hélène). Je sais, ils devraient être ailleurs sur le site, mais c'est ici que je me sens le mieux, dans l'arrière-cuisine. BzzzY.

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Même pas honte

Ya mon frigo qui fait de l 'eau comme une calotte glaciaire, tout était inondé ce matin, je me suis dit je vais en profiter pour nettoyer, tiens, j'aurai fait quelque chose de concret de ma journée. J'ai des idées comme ça, des fois.
Bon. Faut vider avant. J'en ai sorti du jambon plus très sec, tout collé tout pâlichon, des yaourts à divers stades de péremption, plein de pots entamés par je ne sais qui depuis je ne sais quand, plus ou moins bien fermés, traîtreusement hors de portée de ma myopie naturelle.
Je te fais grâce du reste (et de l'odeur et des jurons et des patouilles infâmes à quatre pattes...)

Ai-je vraiment besoin d'un frigo, au fond?
Bon, s'il est naze, au moins je le jetterai propre.

Je l'avais lu, finalement, le San Antonio, mais je l'ai relu jusqu'à pas d'heure, bien calée sur un tas d' oreillers. Quand je l'ai eu fini je suis restée un bon moment regarder l'ouest, fascinée par la pleine lune sur la pleine eau.
Je croyais que les oiseaux dormaient la nuit, eh ben non, plein de mouettes faisaient les folles dans les vagues, sans un bruit. J'ai ouvert la fenêtre en grand et j'ai dormi comme ça, bercée par un gentil vent doux plein d'effluves marins, un gentil fracas de kilos d'eau qui s'écrasent sur les rochers. Je me souviens avoir rêvé plusieurs fois la même chose, en corrigeant à chaque fois. Serais-je mûre pour un nouveau roman?
Bon, j'ai des trucs à faire pour mon avenir et celui de mes denrées, là, j'y vais, à plus. bises molles. Y.

2

J'ai trouvé le fourgon de mes rêves

Yeah!
Nous partîmes de bon matin, dans la vieille ronze de Patrick, avec Liliane (la meilleure mécanicienne du monde) pour un premier rendez-vous sur le parking du super U de Plougastel Daoulas, sauf qu'on se trompa, surtout moi, on alla à Leclerc, mais on réussit quand même à voir la voiture.Ceci fait nous longeâmes l'Elorn jusqu' à Landerneau, pays de la lune, où nous bûmes un café chez un synonyme de Che guevarra.

Nous eûmes Un autre rendez-vous à midi sur le parking du Leclerc de Morlaix, juste devant le Macdo, la même voiture en moins bien. Le vendeur aurait pu être le frère jumeau du premier
Dédaignant les viles graisses yankee et leurs plastiques pathogènes, pour nous rendîmes guillerets en basse ville où nous nous régalâmes de tacos et de guacamole au bar restaurant "Le yucatex". La dame qui nous servait avait la même minerve qu'Erich von Stroheim, c'était exotique à souhait. Nous prîmes une grande goulée de Monts d'Arrée, et une giclée de spiritualité à l'abbaye de Relecq où nous priâmes avec ferveur, comme il se doit . Un bel arc-en-ciel bas nous attendait au passage du col de Roch Trédudon, le trésor à ses pieds c'était Liliane, pile poil.
Oh làlà on n'en est encore qu'à la moitié du voyage, à peine. J'accélère: Brasparts, Le vieux Quimerc'h, Le Faou, Térenez où le nouveau pont n'a encore qu'un demi tablier, Crozon, Camaret, et c'est là que nous attendait la merveille: Un jumpy plus tout frais, mais extrêmement sympathique. j'ai flashé sans rémission. Dans ma jumpette, je me la pète! Je suis soulagée, ça n'a été ni long ni dur, mais une jolie aventure.
Faut que j'arrête de personnifier les machines, il paraît qu'elles n'aiment pas ça, je l'ai lu sur le web.
Bon, Mammig m'a prêté un gros San Antonio que je n'ai pas lu, tu m'excuses? Gros bisous à demain
Y

Love for Del (Ben tu vois, quand tu veux!)

Pardon si chuis parcimonique ces temps-ci, j'ai fait plein de crêpes et les doigts gras ça glisse sur les touches, et mon ibouc il est bien assez patiné comme ça, et puis je cherche un fourgon pour remplacer ma golf, et puis j'ai cousu une housse toute matelassée pour mon maxi tambour, avec des fermetures éclair et tout, une bandoulière, je n'en suis pas peu fière. Ma Singère et moi on s'est bien entendu cette fois, il faut dire que j'avais cogité avant de me lancer.
Tu sais quoi, ben ton commentaire, il me met des chatouilles plein les doigts, ces gros feignasses n'attendent qu'une gentille caresse comme la tienne pour revenir gambader un peu sur les touches. Merci Del. merci merci merci

D'un autre côté je préfère être rare que chiante, comme disait sainte Glu, ma bonne patronne.

Grosse tempête, je suis sûre que si tu tends bien l'oreille tu peux l'entendre de chez toi, on dirait des rames de métro qui se croisent sans discontinuer, s'il faisait jour la mer serait blanche, les étocs tout brumeux d'embruns qui giclent à 10 mètres de haut. Ma fenêtre tient encore le vent, mais laisse passer un peu de pluie avec la nuit. On éponge.
Peut-être aussi tu entends le meilleur musicien du monde qui joue du piano , "balade pour un chat noir" pour moi toute seule et les quelques chats qui rôdent autour de mon compost.
C'est lui qui a pris la photo:

                   

Ça s'appelle "Stoïque granit"
Ben voilà, à je ne sais quand, tout à l'heure, peut-être.
Bises Y.

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